Notes

 
1  Décarbonons la Culture !, rapport final, The Shift Project, novembre 2021, 209 p.
 
2  De façon très parlante, le MaMA Music & Convention a fait de la décarbonation l’un de ses 3 grands thèmes abordés en 2023
 
3  Par exemple : Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz ?, AJC/Le Périscope, avril 2022, en ligne ; Enquête sur la mobilité des publics et équipes de festival, Festivals en mouvement/Sociotopie, février 2024, 155 p ; Etude Landscape. Le déplacement des publics dans les salles de musiques actuelles, Le Périscope, octobre 2024, 13 p.
 
4  L’un des cinq axes prioritaires du ministère de la Culture pour piloter la transition écologique du secteur renvoie à la mobilité des publics et la décarbonation des activités culturelles, la feuille de route rev3 2022-2027 de la Région Hauts-de-France fait de la décarbonation des activités le pilier de son action.
 
5  Une estimation minimale compte tenu des données parcellaires existantes, qui ne tient par exemple pas compte des mobilités générées par la culture ou de la consommation audiovisuelle, soit les deux principaux postes d’émissions du secteur culturel. Voir Guide d’orientation et d’inspiration pour la transition écologique de la culture, ministère de la Culture, janvier 2024, 64 p. Une récente étude estime l’impact de la seule filière musicale à environ 1 % des émissions territoriales en France, ce qui atteste du caractère sous-évalué et incomplet des estimations sur le secteur culturel. Lire Scénarios prospectifs pour orienter la transition (SPOT), CNMlab/cabinet Ramboll, juin 2024, 54 p.
 
6  Le Louvre estime les visiteurs responsables de 99 % de son impact carbone, la Réunion des musées nationaux-Grand Palais autour d’un tiers. Pour les festivals, les chiffres varient là aussi en fonction de nombreux paramètres mais l’impact des publics est à chaque fois majoritaire : 41 % en moyenne selon une étude européenne récente menée par A Greener Future, et aux alentours de 60 % en moyenne pour les festivals enquêtés dans les projets Festivals en mouvement et Déclic. Sur les lieux de diffusion, les données sont encore moins consensuelles. Beaucoup de salles de concert ont des bilans carbone où les mobilités des publics apparaissent dominantes, ce que confirme de son côté le Syndeac qui considère les publics responsables des deux tiers des émissions du spectacle vivant. En revanche, le rapport Décarbonons la Culture ! estime que l’impact carbone des salles moyennes en périphérie et des salles moyennes en centre-ville (jauge de 1000 places, 130 à 170 représentations par an) est très largement dominé par le transport des œuvres (environ deux tiers du total), loin devant le transport des publics (environ 15 %). Ce résultat dissonant s’explique peut-être en partie par une méthode de calcul moins fiable : il s’agit d’extrapolations réalisées à partir d’estimations et de moyennes.
 
7  Cela semble être de plus en plus le cas, avec des initiatives telles que le projet Déclic co-porté par le SMA et la Fédélima, le projet REC autour de la musique enregistrée, la mini-convention climat du réseau des musiques du monde Zone Franche, le projet Festivals en mouvement ou encore des démarches locales comme celles d’ECHO en Hauts-de-France et Les VerdoYantes à Grenoble.
 
8  Pour une perspective critique, lire « Pour une autre écologie musicale. Partie 1 : L’impasse de l’approche managériale » (Audimat, 3 mai 2023) du sociologue et compositeur François Ribac, malheureusement décédé en novembre dernier.
 
9  Voir « Pour une autre écologie musicale. Partie 2 : Enquêter pour transformer », Audimat, 4 mai 2023. Les travaux de François Ribac, et tout particulièrement ce double article, ont constitué une source d’inspiration forte et un terreau fertile de discussions amorcées – en lien avec François Debruyne, maître de conférences en sciences de la communication à l’Université de Lille et président de la SMAC Le Grand Mix – pour participer au projet de recherche esquissé dans les lignes qui suivent.
 
10  Par exemple, cartographies des ressources et infrastructures par activité, formations et autres modes de transfert de savoir-faire, séminaires restituant les avancées du projet et mettant en discussion ses résultats, protocoles de réduction des empreintes…
 
11  Cette démarche est en cela plus proche des implications du concept de redirection écologique, développé par Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin, que de celui de transition qu’ils estiment insuffisant pour répondre aux défis actuels. Cf. Emmanuel Bonnet et al., Héritage et fermeture. Une écologie du démantèlement, Ed. Divergences, 2021, 168 p.
 
12  Analyse de la situation d’une filière en vase clos et identification d’objectifs d’amélioration/soutien financier public pour accompagner les acteur·rice·s dans ces transformations (très souvent via des appels à projets favorisant les structures les plus dotées)/émergence de méthodes de mesure et de technologies « réponses »/nouveau bilan global (très souvent moins-disant) et nouveaux objectifs (sans contraintes réelles).
 
13  Les éco-conseiller·ère·s reconnu·e·s du secteur le rappellent souvent, à l’instar de Charlotte Rotureau dans cet entretien croisé : « (…) Mais ce qui fait la bascule, c’est le collectif. Le sujet écologique est un enjeu systémique, c’est-à-dire qu’il touche toute la filière ; les réponses ne pourront pas être isolées, elles devront être collectives pour permettre l’évolution de la filière culturelle. Le changement vient en faisant, il est donc essentiel d’agir au niveau des politiques publiques et des organisations ». Cf. « Un nouveau métier : écoconseiller », Culture & Recherche, ministère de la Culture, n° 145, automne-hiver 2023, p. 65.
 
14  Ce que souligne l’analyse issue du récent baromètre national 2024 sur les budgets et choix culturels des collectivités territoriales, produit annuellement par l’Observatoire des politiques culturelles. Si une diversité de ressources pour accompagner les acteur·rice·s des filières culturelles se développe (référentiels, guides, boîtes à outils, etc.), de nombreux angles morts subsistent : la question des financements dédiés pour permettre d’enclencher véritablement ces transitions, l’acculturation des personnels des collectivités aux enjeux socio-écologiques du secteur, mais aussi l’adoption d’une approche intersectorielle et coopérative (interne aux services des collectivités, mais aussi entre niveaux de collectivités et leurs groupements).
 
15  En France, voir par exemple le plan d’action commun pour une transformation écologique du spectacle vivant défendu par 14 organisations de différentes filières, le livret sur la mutation écologique du spectacle vivant du Syndeac, les propositions pour un spectacle vivant écoresponsable du Synavi ; en Belgique, les recommandations intersectorielles pour des politiques culturelles orientées transition durable de EventChange. Des préconisations communes se dégagent de ces initiatives aux priorités et aux périmètres variables : la formation des professionnel·le·s et la sensibilisation individuelle et collective, la mutualisation des moyens humains, financiers et logistiques, la transformation en profondeur des modes de production et de création, la révision de l’évaluation et du financement des activités culturelles, ou encore l’action sur les mobilités.